Une friche militaire

Une friche militaire

La transformation de cet ancien site militaire havrais en lieu de culture public fait partie d’un mouvement qui s’est développé d’abord en Europe puis dans le reste du monde :

Celui de la reconversion de « friches » industrielles, marchandes, portuaires, militaires en lieux « multi-culturels ».

Cette démarche a commencé timidement vers la fin des années 70 et durant les années 80, pour vraiment prendre forme à la fin des années 90 et dans les années 2000. Partout des espaces abandonnés par les activités qui les ont créé (usines, halles marchandes, hangars portuaires, bâtisses militaires…) sont réutilisés à des fins culturelles, à l’initiative bien souvent d’associations ou d’artistes en besoin d’espaces pour travailler et de lieu pour rencontrer les publics.

Le Confort Moderne –ancien entrepôt en électroménager- à Poitiers (1983), la Friche La Belle de Mai –ancienne usine de tabac SEITA- à Marseille  (1992) furent les premières aventures françaises à rejoindre la dynamique Européenne (Les Halles de Schaerbeek – ancien marché couvert – à Bruxelles, Le Melkweg –ancienne laiterie – à Amsterdam, la Rote Fabrik à Zurich, l’UFA Fabrik – ancien cinéma – à Berlin, Ateneu Popular Nou Barris – ancienne usine d’asphalt – à Barcelone, Kaapelitehdas  -ancienne usine électrique sur le port- à Helsinki…)

Petit à petit les villes les collectivités françaises et le ministère de la culture se sont intéressés à ces lieux, souvent appelées « les friches culturelles » ou encore « les fabriques ».

Pourquoi ce mot « friche » ? Pour raconter que ces bâtiments ont vu leur activité s’arrêter à un moment donné et ils se sont vidés sans qu’il n’y ait de projet pour savoir ce qu’ils allaient devenir. Ils étaient donc « vacants » ce qui à permis à des artistes de s’y installer, au départ avec des moyens très modestes et de les développer petit à petit. La configuration multiple des bâtiments à permis que des projets artistiques de nature très différentes avec des besoins d’espaces très différents s’y côtoient (musiques, arts plastiques, théâtre, danse, lieux de travail de création, lieux de diffusion, lieux d’ateliers de cours..). Naturellement ces expériences sont devenues conviviales, avec un café un restaurant des espaces ouverts pour que tout le monde puisse y entrer librement s’y retrouver avec d’autres… Toutes ces expériences comme celle du Fort du Havre évolueront mais l’histoire architecturale globale perdurera, symbolisant le lien entre les générations et entre les modèles de développement.

La singularité de l’expérience Havraise est une « gouvernance » collective. Une structure associative collégiale a été créée rassemblant tous les occupants et la municipalité qui s’organisent ensemble pour créer un lieu culturel multiple et foisonnant. Tous ensemble, les acteurs et artistes, avec les services de la mairie concernés, articulent leur savoir-faire leurs responsabilités leurs activités pour offrir aux Havrais un lieu dynamique accueillant, avec de multiples activités proposées par une grande diversité d’acteurs, dans un environnement et une atmosphère stimulant pour l’imaginaire et la créativité.

Ici s’expérimente une nouvelle génération dans l’histoire en devenir des friches culturelles.

 

Il existe

  • un réseau Européen qui regroupe 60 friches de 35 pays d’Europe : Trans Europe Halles
  • une base de données internationale ou on trouve un carte du monde pour retrouver toutes les friches ou fabriques répertoriées dans le monde entier : ArtFactories